Skip to Content
Centre national des arts plastiques

Galerie du Crous de Paris

Share Share Share Share Share

NAKED VANITY, OLIVIER LARIVIERE

Arts plastiques - Exposition
16 • 27 février 2010
L’exposition Naked Vanity regroupe un ensemble de peintures réalisées entre début 2007 et aujourd’hui. À l’image du Rubik’s Cube dans Scène d’été qui résonne tel une double-énigme à résoudre - pour le chien dépeint ainsi que pour le spectateur confronté à une scène qui se révèle à lui dans son entier tel un casse-tête, la peinture d’Olivier Larivière développe une résistance à se livrer, à donner les clés des enjeux qui la traversent. Au spectateur d’y déceler les forces sous-terraines en présence. Les situations dépeintes, sujettes à interprétation, restent ouvertes et irrésolues. Loin du banal et du quotidien, l’intrigue y est le moteur du conflit et du drame. Il s’agit d’une peinture où le spectateur est amené à s’interroger ouvertement sur la nature des relations et tensions qui la parcourent. Une peinture aux influences cinématographiques affirmées, devant laquelle on s’arrête non plus uniquement pour la contempler mais aussi parce que l’on est retenu par une intrigue indicible qui nous questionne sur quelque chose d’essentiel à la nature humaine. Les paysages dépeints, tantôt calmes, tantôt inquiétants, sont indéfinis et transitoires, mélange de no man’s land où la société n’a plus prise et de friche industrielle déserte. Çà et là apparaissent des éléments plus précis : une résidence pavillonnaire, une fête foraine, un aérodrome. L’obscurité prend le plus souvent le pas sur le jour et un éclairage au flash fait souvent irruption pour mettre en avant tout ou partie de ce que la nuit retient, contient. Les personnages présents dans ses peintures agissent de manière indistincte. La finalité de leurs actions reste indéterminée. Leur vagabondage ne les rend pas moins prisonniers du poids du temps, du questionnement sur l‘objet de leur destination. La “sensation“, ou le “sentiment”, que l’artiste cherche à véhiculer est fortement associé à une forme d’incertitude de la raison, que l’on peut définir comme l’impression d’être “perdu dans les ténèbres et la confusion“. La vanité apparaît dans ses peintures comme l’expression allégorique de la fugacité, de la fragilité de la vie humaine. Elle dépasse ici le simple cadre de pures natures mortes pour envahir le champ plus large des portraits ou des grandes compositions picturales. De simples portraits tel Jeune femme arrosant des fleurs, transforment une scène apparemment anodine en un questionnement sur l’éphémérité de notre existence. Le corps humain se fait le relais naturel de cette interrogation. Les différents éléments iconographiques que l’artiste intègre à ses peintures sont autant de fragments prélevés de photographies personnelles ou trouvées sur internet. Le collage s’impose comme un outil lui permettant d’assembler des éléments issus d’univers différents. Il prélève, découpe, ampute des morceaux du réel, arrachés à leur univers habituel, et les insère au sein d’une nouvelle structure sans toutefois qu’ils perdent leurs propriétés originelles. Il utilise l’équivalent de différents champs lexicaux en peinture qui instaurent des conflits entre ces éléments iconographiques et créent une distanciation. La distanciation doit défaire l’illusion en soulignant le caractère construit de la réalité représentée. Chaque objet, personnage et processus perçu se veut en même temps insolite et étrange. Son objectif est d’inciter le spectateur à prendre ses distances par rapport à la réalité qu’il lui montre. Son esprit critique doit être sollicité, en éveil.
Dernière mise à jour le 22 sept. 2011

Galerie du Crous de Paris

11 rue des Beaux-arts
75006 Paris 06
France
Téléphone : 01 40 51 57 88
Site internet : Facebook page