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Centre national des arts plastiques

Galerie Jocelyn Wolff

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Miriam Cahn, Guillaume Leblon

La nature et ses proportions

Arts plastiques - Exposition
08 mars • 19 avril 2014

Pour sa nouvelle exposition, la Galerie Jocelyn Wolff propose à l’artiste Guillaume Leblon d’improviser un dialogue avec le travail de Miriam Cahn. Il s’agit de désigner un répertoire de gestes qui active la mutualité du regard dans l’acte de création, attentifs à un même horizon, La nature et ses proportions. Rencontre, liaison, aléas : le format dialogique de cette exposition est animé par l’intérêt que Guillaume Leblon porte au travail de Miriam Cahn. Du latin curare, qui signifie « soigner », « s’occuper de », il est moins question de « commissariat » que d’une circonstance hospitalière de l’exposition, une logique de présentation qui accueille et favorise la rencontre, une certaine fécondité dans le dialogue. 

 

De la nature et de ses proportions, il n’en reste finalement que quelques traces et empreintes, celles d’un temps conjugué au futur antérieur pour penser la collision entre deux états de la nature dans la matière. Ce sont autant de présences en creux, virtuelles et fantomatiques, qui habitent l’espace. Dans une approche archéologique, Guillaume Leblon présente les traces d’une vie aquatique fertile, un monde enfoui sous l’eau qui affleure à la surface. De l’abysse au bocal, l’espace de la galerie évoque le passage et le recul de la mer, l’eau étant ici le principe actif et l’agent dissolvant des formes dans le souvenir. L’artiste a volontairement découpé l’espace par des rideaux rigides, trempés dans le plâtre, qui organisent le parcours : Le Grand Rideau masque les ouvertures et désigne en même temps ce qu’il faut voir par le biais d’un index pointé tandis qu’un Isoloir découpe un recoin de la pièce. Les bas-reliefs évoquent le mouvement tentaculaire d’une seiche et les boursouflures de la matière organique dans La Grande Seiche ; une sole dont il ne resterait ironiquement qu’un liquide fertilisant séché à la surface du plâtre intitulé Laitance évoquant les qualités opalines de la substance séminale secrétée par les poissons durant la fraie; un poisson fossile qui clignote ainsi qu’une suspension d’objets périssables (poissons, agrumes, une main comme outil du travail pictural et sculptural) intitulée Le Secret mis en relation avec une sélection de dessins et peintures de Miriam Cahn où l’on retrouve un intérêt pour le paysage et le caractère érotique, sexué des figures.  

Le geste du sculpteur est ici réduit à sa fonction minimale, une simple pression, un contact avec la matière. Malgré le caractère figé des empreintes, c’est l’idée d’un  mouvement – une lutte peut-être – qui se donne à la fois sur le mode de la survie et de la survivance. La pratique de Guillaume Leblon opère à la jonction entre imitation, ressemblance et reproduction, il s’attache à recueillir des formes naturelles, directement déduites du monde, plutôt que d’en inventer les contours. 

On retrouve aussi une certaine imprécision volontaire des contours dans la série de dessins de Miriam Cahn intitulée klassich (1994) dont le caractère pornographique fait écho à la matière fertile dont s’empare Guillaume Leblon. Ces esquisses montrent plusieurs corps – d’abord deux puis trois – entremêlés, déclinés en série qui évoque une progression, un mouvement. La nature et ses proportions, ce sont aussi celles du paysage de montagne, abondamment traité dans l’œuvre de Miriam Cahn comme en témoigne la grande peinture intitulée urzustand (2003) à laquelle répond le petit format de la pièce intitulée nach dem Schnee (2004). 

 

Guillaume Leblon s’interroge sur l’impossible pérennité des formes : que reste-t-il du mouvement d’un corps ? L’empreinte peut-elle conserver quelque chose de cette vie organique et fertile ?  Agir à rebours, contre le temps, presser les formes dans la matière pour que se révèlent, au sens épiphanique, les mouvements d’un corps, d’une substance: ce sont autant de gestes de conservation et de préservation dont témoigne le travail de l’artiste. 

 

 

 

Eline Grignard

Horaires : 
du mardi au samedi, de 11h à 19h
Heures de vernissage : 
de 18h à 21h
Dernière mise à jour le 12 avr. 2014

Galerie Jocelyn Wolff

78 rue Julien-Lacroix
75020 Paris 20
France
Téléphone : 01 42 03 05 65
Télécopie : 01 42 03 05 46
Directeur : Jocelyn Wolff