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Vidéochroniques

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Media Burn

Film, vidéo - Projection/Diffusion audio
11 février 2007
A l'invitation d'Olivier Pierre, programmateur des Journées Cinématographiques Dionysiennes de Saint Denis (Paris), Vidéochroniques présente un programme de vidéos et films d'artistes intitulé Media Burn. La 7ème édition des Journées Cinématographiques, emprunte son titre au livre Media Crisis du cinéaste politique anglais Peter Watkins. La manifestation pose un regard critique sur les mass media audiovisuels et invite à réfléchir au rôle et à la place des médias aujourd’hui où, plus que jamais, le visuel est roi et où information et actualité, information et spectacle, se confondent.
Complément d'informations : 
Complément d'information Une dizaine d'années tout au plus sépare la naissance de la télévision moderne, c'est-à-dire son intrusion massive dans les foyers nord-américains au cours des années cinquante, de l'apparition des premières formes de pratiques artistiques faisant référence à ce média. Mais l'art vidéo n'en est pas seulement l'avatar malgré l'évidence de la lignée : il s'inscrit aussi dans la continuité des avant-gardes de la première moitié du vingtième siècle, et du geste d'émancipation qui a jalonné leur histoire. Suivant l'exemple de leurs aînés, qui n'ont cessé de reformuler la définition de l'art en y intégrant son hors champ, ajoutant notamment à leur palette des matériaux et des outils à priori improbables, Nam June Paik puis Wolf Vostell s'emparent d'une série de récepteurs TV qu'ils maltraitent allègrement avant de dévoiler le résultat de leurs manipulations en 1963, sous la forme d'installations. Deux ans plus tard, les artistes voient ce potentiel s'élargir encore avec l'apparition sur le marché des premiers instruments de captation "grand public", les fameux portapaks qui comprenaient un magnétoscope et une caméra. La relation entre l'art et la télé pouvait, dès lors, être pleinement consommée. Au début, tout alla bien : on pensait que la télévision serait un lieu de diffusion naturel pour les oeuvres vidéo, qu'elle offrirait de nouvelles potentialités créatrices, qu'on pourrait le revendiquer. En ce sens l'approche de Nam June Paik aux États-Unis, ou celle d'Averty en France, semble au départ plus caractérisée par une absence totale de complexe ou d'inhibition que par une franche naïveté. Très vite pourtant, les artistes se rendent compte que les contraintes et les orientations des chaînes sont incompatibles avec les voies qu'ils explorent. Le contexte de la fin des années soixante et les multiples mouvements de libération qui l’accompagne (féministes, pacifistes, hippies, Black Panthers...) sont alors relayés par le milieu de l'art qui s’emploie en ce sens à formuler une critique virulente des valeurs que porte le monde occidental, de la société de consommation en particulier. Puisque la télévision en est le principal vecteur, elle attire les foudres d’artistes animés d’une foi inflexible en un changement dont ils se voient aussi les acteurs, sûrs de leur pouvoir, qui excellent dans l’art du parasitage et de la provocation. Cette époque héroïque est désormais révolue. Leurs successeurs ont été amenés à évoluer sur le terreau moins fertile de la désillusion, du désenchantement. On peut alors s’interroger sur la persévérance de leur attention (de leur fascination ?) à l’endroit du petit écran. Comme mue par un irrésistible élan démagogique, la télévision est aujourd’hui si friande d’autocritique que la complicité des uns avec les autres semble même quelquefois suspecte. S’agit-il juste de poursuivre une tradition, visiblement vidée de sa substance politique ? L’apparence de la parodie ou du détournement, qui fait figure d’effet de style (ou de numéro de mime) quand elle se dispense d’une véritable approche critique, ne traduit-elle pas simplement une sorte de cynisme ? Autrement dit : une crise en cacherait-elle une autre ? Édouard Monnet
Horaires : 
18h30
Dernière mise à jour le 23 sept. 2011

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