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Centre national des arts plastiques

Galerie du Crous de Paris

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MARIE WEISENSEL ET RAPHAEL BARONTINI

Arts plastiques - Exposition
02 • 13 février 2010
Mes paysages ne sont pas construits dans une idée de ressemblance mais dans celle de la trace visuelle. Cette trace devient l’indice d’un territoire. Les lieux que je choisis proviennent de photographies déjà ambigües dans leurs descriptions, je cherche alors à les épuiser davantage afin d’obtenir un certain manque de visibilité. Devant une trace nous entrons dans une dimension du regard où la compréhension de la chose est complexe, cela nous interroge sur ce qu’on ne voit pas : le creux nous questionne sur la bosse, la présence sur l’absence. Le paysage se transforme alors en un exercice du regard, un jeu entre le vide et le plein. La peinture n’est qu’indiciaire : elle imprime le minimum du visible pour devenir visuelle. Marie Weisensel Par un processus sériel, mon travail pictural s’ancre autour du portrait. Dans un rappel constant à l’histoire passée d’un monde qui a nourri mon inconscient visuel, je tente d’inventer de nouvelles représentations qui aux limites du fantastique questionnent notre regard contemporain. Choix des images, choix du support, choix technique, mon travail fait autant référence à l’histoire de la peinture qu’à des représentations d’art populaire, sacré et folklorique. Dans ce va-et-vient permanent, mon attention pour la figure reste, elle, totale ; comme nécessaire. Elle devient le théâtre de l’expérimentation. Tout s’organise et se compose autour d’elle. Dans son omniprésence, les éléments plastiques qui l’entourent agissent là comme pour la renforcer, la célébrer. Mon projet artistique est de développer autour de la figure humaine un travail pictural qui puisse, à l’image de notre monde contemporain hybride et métissé, constituer aussi bien une trace mémorielle qu’un signe contemporain. Si ici les personnages représentés peuvent sembler en souffrance, cette galerie de portrait se développe comme une parade carnavalesque inébranlable et sans fin. Raphaël Barontini
Complément d'informations : 
Vivaces mémoires d’outre-tombe ; Une paillette dans l’œil et le monde se fragmente. Un corps écorché qui se détache d’un fond ténu, des lambeaux de paysage qui constellent un vide. Et, par une étonnante symétrie, les espaces vides de corps font échos à des corps sans place. Dans les oeuvres de Marie Weisensel et Raphaël Barontini, paysage et corps deviennent des figures autonomes et solitaires. Les fresques dénudées donnent une importance capitale au blanc, au fond de l’œuvre. Comme s’il fallait dépecer le réel pour retrouver une construction d’origine. Le corps abîmé, torturé, se débat à la surface d’une oriflamme miroitante. Aux origines, le drapeau d’une identité qui se retrouve dans la confusion. Des espaces sans corps donc, ruine d’un autre paysage, persistance ici mitée par l’oculaire : les espaces évidés de Marie Weisensel. Des corps sans espace donc, paysage mental fruit d’une culture atavique et résurgente : les corps avides de Raphaël Barontini. Cette solitude du paysage et du corps construit une césure dans l’image ; les figures se libèrent de manière quasi cinématographique et ouvrent un champ particulier et inattendu entre deux plans. Ces espacements décollent la figure du fond, faisant place, pour un temps, à la résistance de la mémoire qui jouant d’une impression qui remonte du fond de l’œil, nous fait retrouver une origine sinon un passé connu. La peinture affirme, là, une qualité de mémoire. Et l’on voit sans voir. Ces peintures sont des célébrations et vestiges d’une résistance de la mémoire. Célébrations de ce qui a été vu et chassé d’un battement violent de paupières. Les nappes de paysages et de corps, ces peintures donc, sont des parcelles de vivacité. La célébration pointe l’image, qui déployée à pure perte, se laisse penser comme un sacrifice. On gaspille, on dilapide, on raréfie. Que reste-il ? L’œil regarde l’outre-tombe dont l’image qu’il forme est une larme, trace éphémère d’une collection d’impressions. Qu’est ce que la peinture sinon une larme indélébile, qui irrigue d’abord et sèche par épuisement à la surface du présent. La mémoire est une violence faite au présent. Les peintures de Raphael Barontini et de Marie Weisensel sont les paysages construits d’un accomplissement, celui d’un fragment préhensible de monde, tout autant qu’une bannière des origines retrouvées. Deux points de départs. Ces images sont vives, vivaces, puissantes, elles nous parlent du passé, d’une figuration lointaine et immobile. Ces peintures évoquent l’empreinte d’un présent dont on ne sait s’il est suffisamment jamais là pour nous. Que nous reste-t-il ? Là où nous sommes, un corps dans un espace. De l’œil à l’image donc il n’y a qu’un mouvement de paupières, où la mémoire retend des formes passées, les formes d’outre-tombe qui sont notre origine. La mort ferait le reste. Mathieu Buard
Dernière mise à jour le 22 sept. 2011

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