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Centre national des arts plastiques

Galerie d'art contemporain des Urbanistes - Association Arcade

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L'Humain-Regard sur une collection

Photographie - Exposition
16 mars • 09 mai 2004

L'exposition "L'Humain-Regard sur une collection", est organisée en partenariat avec l'Artothèque de Vitré et le philosophe François Soulages. Ce dernier, propose en tant que commissaire de l'exposition, une sélection d'une soixantaine de photographies, fruit de son regard et de sa réflexion sur la collection de l'Artothèque. "La thématique de cette exposition est l'humain. Paradoxalement, ce thème n'a jamais auparavant été traité. Il est donc passionnant de se demander quelles images vont être sélectionnées, en fonction de quels critères et comment les photos choisies vont être réunies pour faire sens et art, pour nous interroger, nous êtres humains" (F. Soulages)

Complément d'informations : 
Texte de présentation L’humain OUVERTURE Ne confondons pas l’humain avec l’homme. Certains l’on fait pour grandir l’homme et ils ont fait de l’inhumain. Humain, ne vise pas le surhumain, ni le post humain. Sois humain. Apprends à être humain, apprends à quitter l’inhumain dont peut-être tu viens. Ces photos ne disent pas l’humain. Car, l’humain est un problème, peut-être même un mystère. En tout cas, pas un phénomène. L’humain n’est pas un fait, mais un droit, un devoir, un idéal. Ces photos interrogent l’humain. Regardons-les. Suivons-les. Elles nous apprendront des questions et feront taire nos réponses, nos préjugés, nos abus et désirs de pouvoir. Dépouillons-nous des caricatures pour accueillir l’image, image vivante et évolutive. Dépouillons-nous du non-humain pour accueillir l’humain. Entrons dans le monde de l’exposition. Car, l’exposition est un monde, le monde de l’humain. Car, l’humain s’expose et expose ; il prend des risques : il est culture ; il est désir d’art, désir d’image, désir d’humain ; mais désir non narcissique de lui-même : il est idéal, droit et devoir. Par l’humain, l’art et la morale peuvent entrer dans le monde, depuis si peu de temps, depuis cinquante mille ans : cela devrait rendre solidaires les humains. DOIGTS Ils sont là devant nous. Du moins leur image. Qu’en faisons-nous ? L’index indique. Il crée du sens, il ouvre au sens - direction et signification. Une image est un index : elle doit nous faire parler sur ce qu’elle tait. Radicale séparation du sujet et de l’image. Qu’en faisons-nous ? La photographie est l’art de l’index, de l’indice, de la trace. C’est l’art digital et indiciel. La trace du pneu sur la route nous dit le passage de la voiture, celle du rouge à lèvre sur le verre, celui de la femme. Mais quelle voiture ? Quelle femme ? Qu’en faisons-nous ? Les phénomènes laissent des traces visuelles sur les photos : le photographe produit un dispositif qui permet de les produire. Mais face à une photo, nous avons perdu le phénomène. Art de la perte et du reste, car reste la photo. Qu’en faisons-nous ? TRACE Pas et routes, trace de l’humain : quel humain ? Trace dans le paysage : de quel humain ? Ruine : trace des humains ou des inhumains ? Ils ont marché et fait des traces. L’animal laisse, malgré lui, trace après son passage. L’humain fait trace volontairement : il fait sentier, chemin, route : il s’adresse à d’autres humains ; il s’adresse à lui dans le futur. Traces des avions dans le ciel, traces des bateaux dans la mer. Traces dans les paysages. Le paysage est un pur produit de l’humain : Landart et photographie l’ont bien compris après la peinture. Traces qui se donnent dans les ruines. La photographie sauve deux fois la ruine : avant que la ruine soit totale et c’est l’usage de la photographie dans le happening ; avant que notre mort advienne : l’humain risque toujours d’être ruiné, ruiné comme un château, ruiné comme un ancien riche. La photographie nous rappelle ce que nous fumes avant la ruine. Notre ruine. LIEUX L’humain transforme l’espace en lieu : la terre devient campagne ou ville et les hommes y deviennent humains. Même l’animal est transformé : il relève de la maison, de la « domus » : il est domestiqué. La photographie est une pratique d’abord domestique avant d’être sociale ou narcissique. Pour un art modeste et domestique. Première étape de l’humain. La photographie humanise le paysage en créant son image photographique. Il fait de même pour la ville, même si elle paraît inhumaine. Justement, en dénonçant l’inhumanité, il appelle l’humain. Sao Paulo. La foule est inhumaine. Devenons humain dans la foule ; c’est tellement plus difficile. MAISON Objet humain par excellence, parce qu’elle a un extérieur et un intérieur. Elle est tant réceptacle que lieu de transition. Les humains franchissent les portes et les frontières : c’est comme cela qu’ils distinguent le sacré du non-sacré, le public du privé, le pur de l’impur, le moi de l’autre. L’humain a du privé, c’est-à-dire quelque chose par lequel ils privent les autres. L’humain est manque et désir, et non besoin et besoin. En tout cas pas seulement. ETRE Etre humain. A la fois une réalité et un impératif. A la fois la personne humaine et l’ordre de devenir humain. Et la photographie nous les met en scène : çà a été joué. L’être humain, celui qui est habité par le moi, le çà et le surmoi. Et la photographie permet à ces humains d’être des êtres : en devenant l’image, en regardant des images. Magie de l’exposition : transsubstantiation. Et tous ces humains, avec et grâce à la photographie, nous dirigent vers l’humanité. L’humanité : une tâche à accomplir... François Soulages, Paris Sao Paulo, mars 2004
Horaires : 
14h30/18h30 du mercredi au dimanche
Dernière mise à jour le 31 août 2015