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Centre national des arts plastiques

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Le Grand soir. biennale de Venise

Commande publique à Claude Lévêque pour le pavillon français.

Arts plastiques - Manifestation/Festival
07 juin • 22 novembre 2009
Vous arrivez devant le Pavillon français. Un air de catafalque. Derrière le péristyle se dresse une paroi noire, aveugle, muette, inaccueillante. La façade concave est aussi peinte en noir. (…) Déplacements limités, sensations contraintes, le regard doit se couler entre les barreaux. Ici la lumière est intense, les murs nacrés la refroidissent et la diffractent. Là c’est la pénombre, l’obscurité où se froissent des reflets. Jour, nuit. Maintenant, là-bas. Ces drapeaux noirs qui frémissent au loin lèvent-ils l’image d’un espoir radical, d’un altermonde possible ? Où part ce bateau qui passe parmi nous ? Sommes-nous les fantômes d’un futur antérieur ? Le « Grand Soir » a-t-il eu lieu demain ? L’essentiel de l’œuvre de Claude Lévêque consiste en installations qui articulent objets, sons et lumières et s’emparent puissamment des lieux et des spectateurs. Il développe ainsi, depuis le début des années quatre-vingt, un univers du saisissement, à mi-chemin entre coercition et ravissement. Mémoire traumatisée ou nostalgique des émerveillements de l’enfance, ambivalence des signes et des affects, rage du désir, révolte devant la difficulté d’être et la violence du monde, l’univers de Lévêque trouve son matériau et focalise son objet dans la destruction. L’inconfort ou l’inquiétude existentielles qui sourdent de ses mises en scène, l’ambiguïté des sentiments que suscitent ses dispositifs emblématisent les formes contemporaines du contrôle social et de l’oppression — servitude volontaire ou non. « Nous voulons en finir avec ce monde irréel » proclame un néon de l’artiste, dans une écriture manuscrite dont les lettres tremblées, fiévreuses, figurent la condition dominée et/ou rebelle. Il s’agit d’une phrase de Florence Rey, fascinante icône française de la violence nihiliste. Cet énoncé radical donne le ton de l’œuvre souvent théâtrale, spectaculaire, impressionnante de Lévêque. Elle n’use pourtant que de la dissymétrique force des faibles. Art total et art pauvre, art du réel dans sa cruauté et art du rêve dans ses inquiétants labyrinthes, art de l’égarement, entre panique et merveilleux. Ainsi de l’installation Le Grand Soir. Son titre est un leitmotiv du discours révolutionnaire : grand soir du « vieux monde », des « anciens régimes ». La chouette de la liberté ne s’envole — si elle s’envole — qu’à la nuit tombée. Texte de Christian Bernard pour le catalogue général de la Biennale de Venise
Partenaires : 
Le commissariat général du Pavillon français est assuré par Culturesfrance, en collaboration avec le ministère de la Culture et de la Communication et le Centre national des arts plastiques. Avec le soutien de la galerie K. Mennour
Mécénat : 
Avec la participation de Klinger Favre, Weiss Engineering, Homatherm, Philips et Velodyne.
Dernière mise à jour le 23 sept. 2011

Centre national des arts plastiques

1, place de la Pyramide
Tour Atlantique
92911 Puteaux
France
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Télécopie : 01 46 93 99 79
Site internet : http://www.cnap.fr
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Présidente du conseil d'administration : Constance Rubini