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Centre national des arts plastiques

Galerie Tator

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LE CHAMP DES POSSIBLES. Guillaume Linard-Osorio

Arts plastiques - Exposition
01 avril • 30 juin 2010
Le Champ des Possibles Guillaume LINARD-OSORIO Du 1er avril au 30 juin 2010 Le champ des possibles est celui de l’entre deux, un espace résiduel qui conditionne notre déambulation entre deux horizons : celui, doucement accidenté, composé par les matières brutes et celui, définitivement orthonormé, défini par l’alignement des documents administratifs d’un permis de construire. Tout est ici en attente : dossier administratif étalé, sa surface imprimée démultipliée et rendue inaccessible par sa mise sous verre, comme pour mieux exhiber sa virginité, son besoin d’être complété pour prendre sens, et matériaux laissés à l’état brut d’excavation pour mieux dire leur attente d’être modelés, mis en forme. Le voyage est linéaire entre ces 2 séries d’objets muets, encore anonymes, tendus vers la possibilité d’être enfin ancrés dans un contexte, enfin nommés. Le degré zéro du projet d’architecture s’expose donc ici : toutes les conditions initiales du projet sont réunies, tout est en puissance ; c’est le temps des possibles, a priori ouvert à tous les fantasmes, à toutes les projections. Mais sous l’informe se laisse deviner la mesure (500 kg pour chaque matière brute), derrière le choix des matériaux (minerai de fer, charbon, argile, calcaire et sable) se cache une connivence avec les habitudes de l’architecture occidentale, un format administratif standard (A4) se troque contre un autre format standard (A2), le temps d’exposition se conforme fortuitement au temps compté de consultation d’un permis de construire (3 mois) ; tout dans cette installation semble alors pouvoir se faire l’écho d’un monde normé. Ainsi, paysage matière ou paysage graphique peuvent être tentés de demeurer abstraits, intouchables, parfaits dans leur rapport rigoureux aux nombres, figés dans la beauté des normes prédominantes. La matière, limitée dans sa plasticité, résistera à sa mise en forme comme les cases administratives limiteront le champ des réponses possibles : ce qui s’offrait comme de purs réceptacles de nos désirs d’architecture, se révèle être ce qui les contraint. Promesses et limites coexistent et s’annulent, guidant ou paralysant le passage à l’action et posant cruellement la question de la place laissée au champ des possibles. Les trois oeuvres présentées dans la galerie questionnent toutes à leur façon la place des utopies, du désir de bâtir, d’édifier, dans notre société occidentale. Le champ des possibles organise les matières premières de toute utopie, même la plus modeste, et lui trace un chemin borné, contraint, qui pose la question de sa survivance même. Tout ce que nous ne construirons pas met en scène une somme de projections architecturales avortées qui pourrait constituer la matière première d’une nouvelle utopie décontextualisée, quand l'installation vidéo Drones réanime ces désirs d’architecture en permettant leur intrusion illusoire dans notre univers architectural vécu. Marie Romezin Tout ce que nous ne construirons pas J’ai commencé, à l’occasion de mon diplôme d’architecture en 2007, à récupérer auprès d’archives municipales des maquettes de concours d’architecture perdus. Le but était de les réarchiver sans tenir compte des programmes réels auxquels elles renvoyaient et d’engager une démarche de représentation libre où la cohérence des formes se substituerait à celle du projet. Ce jeu de dislocation, construction et juxtaposition a donné corps à un univers sculptural qui s’apparente à un grand projet d’architecture libéré de toute application rationnelle. Ce projet est devenu la base d’une collection personnelle qui s’agrandit constamment. Drones Lors du Salon de l’immobilier de mars 2007, j’ai entrepris avec une caméra basse définition un survol des maquettes présentées, à la façon d’un drone. La distance qui sépare le visiteur du modèle réduit offre un double point de vue, à la fois maquette à portée de main et ville vue d’avion. Le survol de ces maquettes avec une caméra miniature ouvre une dimension intermédiaire et rappelle les images de zones sensibles renvoyées par les drones. La basse qualité du film qui empêche d’avoir une vision précise des maquettes sème le doute tout en recollant à l’univers des caméras de surveillance. Les objets fixes de la maquette, tels que les voitures et les personnages, apparaissent ici comme des sujets figés dans la réalité. Dans cette séquence vidéo, l’oeil oscille entre deux dimensions et la caméra miniature y joue un rôle de transition. L’atmosphère de ce paysage est accentuée par la bande son, Drone, un morceau de Romain Kronenberg. Guillaume Linard-Osorio
Horaires : 
Lundi au vendredi. 14h-19h
Dernière mise à jour le 23 sept. 2011

Galerie Tator

36 rue d'Anvers
69007 Lyon
France
Téléphone : 04 78 58 83 12
Responsable de la galerie : Marie Bassano
Président et co-fondateur : Laurent Lucas