Skip to Content
Centre national des arts plastiques
  • Le Cnap
    • Toute l’actualité des événements, des commandes et des temps forts de la diffusion de la collection du Cnap. Consulter les archives de l'activité depuis 2007
    • Nouveautés, catalogue
    • Entreprises, médias et particuliers qui accompagnent le Cnap
  • Collection
    • Procédures d’acquisition, de commande et de donation d’œuvres en arts plastiques, en photographie et images, en arts décoratifs, design et métiers d'art
    • Base de données des œuvres acquises depuis 1791. Base de données des œuvres et des études de la commande publique nationale et déconcentrée depuis 1983. Cartographie des commandes publiques. Œuvres dans les portails thématiques du ministère de la Culture.
    • Récolement et post-récolement, notices de constat d'état, gestion des disparitions et des vols
    • Consulter les listes d’œuvres acquises depuis 2015
    • Histoire du Fonds national d’art contemporain et actions de recherche scientifique. Présentation de la collection contemporaine, moderne et historique et articles sur une sélection d'œuvres
    • Écouter les œuvres produites dans le cadre des ACR - Ateliers de création radiophonique, commandées par le Cnap et France Culture
  • Prêts et dépôts
    • Le Cnap peut prêter et déposer les œuvres et objets d’art inscrits sur l’inventaire du Fonds national d’art contemporain
    • Le prêt d’œuvres est une procédure qui permet la mise à disposition des œuvres du Fonds national d’art contemporain par le Cnap pour des expositions temporaires, en France et à l’étranger.
    • Le dépôt est la mise à disposition d’une œuvre du Fonds national d’art contemporain, géré par le Cnap, destinée à être présentée au public, qu’elle soit installée dans une administration ou une institution muséale pouvant l’abriter pour une durée de plus d’un an.
  • Documentation
    • Consultation de la documentation, demandes de renseignements et contacts
    • Documentation générale, documentation des œuvres et des artistes de la collection, iconothèque, archives et actualité de la documentation
  • Soutien à la création
    • Soutien à l'édition imprimée et numérique
    • Soutien à la première exposition et à la publication, soutien pour une participation à une foire à l'étranger. Avance remboursable
    • Soutien aux maisons de production : soutien au développement et soutien à la post-production
    • Comptes-rendus de recherches d'artistes, de critiques et historiens de l'art, de restaurateurs d'art et de photographes documentaires
  • Profession artiste
    • Conditions d’accès aux écoles d’art, cursus, diplômes et vie étudiante. Validation des acquis et de l’expérience
    • Statuts et modes de recrutement des enseignants
    • Définitions, copies et reproductions, protection par le droit d’auteur, exploitation des œuvres
    • Obligations fiscales, déclaration d’impôts, TVA, contribution économique territoriale, taxe d’habitation, mécénat, parrainage
    • Obligations sociales des artistes, couverture et prestations, déclaration d’activité, identification, assujettissement, affiliation
    • Début et fin d’activité, création d’entreprise, cumuls d’activités, formation, validation des acquis de l’expérience, commandes, ventes, contrats de cession de droits d’auteur, exposition, résidences, aides de l’état, ateliers-logement
    • Résidences d’artistes, appels à projets, 1%, commandes publiques, offres d’emploi
  • Calendrier
  • Guide / Annuaire

Une collection sans murs

Collection arts plastiques

Share Share Share Share Share

Formes blanches, une tapisserie de Jagoda Buic, 1977

Article

Acquise en 1983, l'œuvre de Jagoda Buic, inscrite sur les inventaires sous le titre de Formes blanches, a été prêtée au Musée d’art et d’artisanat de Zagreb (Croatie) où s’est récemment tenue une importante rétrospective du travail de l’artiste : l’occasion de faire ressortir de l’ombre l’œuvre de cette pionnière de la « nouvelle tapisserie »…
_

DU THÉÂTRE À LA TAPISSERIE
Née en 1930 à Split (ancienne Yougoslavie, aujourd’hui Croatie), Jagoda Buic grandit dans un milieu intellectuel privilégié (son père, maire de la ville, occupera des fonctions de ministre et de gouverneur). Après guerre, elle suit les cours de l’Académie des arts appliquées de Zagreb et étudie l’histoire de l’art à la Faculté de Philosophie. Puis, en 1952, elle part pour l’Italie : à Rome où elle se forme à la scénographie dans les studios Cinecitta, et à Venise où elle étudie l’histoire et la création du costume. Après un passage par la prestigieuse Académie des arts appliqués de Vienne, elle travaille, dès 1954, avec le Théâtre National Croate pour lequel elle crée les costumes et décors d’un large répertoire : Sophocle, Shakespeare, Brecht, Pirandello, Giraudoux, Lorca. 1959 marque un tournant : Jagoda Buic fait le choix d’une vie d’artiste indépendante et se consacre désormais entièrement à la tapisserie dont elle ambitionne de faire une expression artistique à part entière. Sa carrière internationale débute en 1965, lors de la 2e Biennale de Lausanne ; elle sera ponctuée de nombreuses commandes et expositions et récompensée par plusieurs prix.
_

À LA CONQUÊTE DE L'ESPACE
Réalisée en 1977, Formes Blanches est composée de quatre colonnes tressées, reliées entre elles par des pans de tapisserie ondulants dont le mouvement sensuel crée un subtil jeu d’ombre et de lumière. Avec ses presque trois mètres de hauteur, l’œuvre témoigne admirablement de ce que l’on appelle à l’époque la « vague slave du textile ». Détachée du mur, la forme tissée définit de profonds reliefs et acquiert une autonomie propre ; libérée de ses traditionnelles fonctions décoratives, la « nouvelle tapisserie » part à la conquête de l’espace (le terme, créé par André Kuenzi, servit notamment de titre à un ouvrage qu’il consacra à Jean Lurçat en 1973). Dès le début des années 1960, cette réinvention de la discipline est encouragée et soutenue par un certain nombre de galeries et critiques dont Pierre Pauli, fondateur de la Biennale de Lausanne (1962-1995), et Pierre Restany, pour qui l’œuvre de Buic représente « un langage créatif menant la tapisserie d’assemblage à la voie royale de la sculpture monumentale » (BUIC J., 1991, p. 9).
S’il est en effet plus juste de parler ici de sculpture que de tapisserie, c’est avant tout parce qu’il s’est opéré un renversement du rapport à l’espace, un dépassement de la surface, une projection en avant. L’image est descendue du mur ; le décor est devenu corps, totémique et théâtral. A rebours de ce principe révolutionnaire, la matière utilisée s’inscrit dans une longue tradition artisanale ; tissée par des paysannes de Bosnie selon des procédés ancestraux, la laine convoque un monde rustique ancien dont Jagoda Buic cultive la permanence : « Dans mon pays, les paysannes tissent en chantant – elles tissent leur chagrin et leur bonheur, les rituels ancestraux de la naissance, du mariage, de la mort » (BUIC J., 1991, p. 16). Une vision qui évoque les personnages mythologiques des Parques, ces trois sœurs fileuses de la destinée des hommes, tout en renouant avec les origines de l’art théâtral.
_

Émilia Philippot, Responsable des collections arts décoratifs, métiers d'art, création industrielle
Centre national des arts plastiques

_

POUR EN SAVOIR PLUS 1

  • 1.
    1976, Jagoda Buic, Nantes, Musée des arts décoratifs, 2 mai - 13 juin 1976, Nantes.
    _

    1977, Jagoda Buic, structures tissées murales et spatiales, Lausanne, Galerie Alice Pauli, Lausanne.
    _

    BUIC J., 1991, Formes tissées, dessins, environnement, Angers, Musée Jean Lurçat, 22 juin-3 novembre 1991, Musées d'Angers, Angers.
    _

    BUIC J., 1993, Formes tissées, Carcassonne, Musée des Beaux-Arts, château Comtal, 8 juillet-19 septembre 1993, Carcassonne.
    _

    KASTELAN J., 1972, Jagoda Buic, Dubrovnik, Umjetnicka Galerija.
    _

    LASSAIGNE J. ET AL, 1975, Jagoda Buic : formes tissées, Paris, Musée d’art moderne de la Ville de Paris, 18 juin-15 septembre 1975, Paris.

Dernière mise à jour le 17 mars 2017