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Centre national des arts plastiques

Galerie JEANNE BUCHER JAEGER

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Fermin AGUAYO

Présence habitée - Présence réfléchie

Arts plastiques - Exposition
11 mai • 13 juillet 2012

« Le centre du monde est notre propre conscience. 

Mais ne faisons pas de philosophie. 

Nous ne pouvons parler qu’en 

peinture. (…)Mon propos n’est 

pas la ressemblance mais la vraisemblance, 

pas l’identification mais l’identité. »

 

Fermin Aguayo

 

L’exposition Fermin AGUAYO intitulée Présence habitée - Présence réfléchie se propose de retracer l’itinéraire d’un immense peintre, mort prématurément, en 1977, à l’âge de 51 ans, que la galerie n’a eu cesse de promouvoir depuis les années 50. Faisant suite à la rétrospective qui lui a été consacrée au Centro de Arte Reina Sofia à Madrid il y a quelques années, cette exposition est la première en France à rassembler un nombre aussi important de peintures de l’artiste. L’espace historique de la rue de Seine expose la première phase picturale de l’artiste avec une prédominance abstraite composée de peintures situant le sol fertile et natal de l’artiste à travers les atmosphères de corridas, des sols paysagés castillans ou encore la référence choisie aux grands maîtres picturaux lui permettant de se construire en tant que peintre autodidacte. La seconde phase picturale de prédominance figurative est exposée rue de Saintonge avec un choix de peintures incontournables dans sa recherche picturale d’une constance de la condition humaine. Fermin Aguayo pourra provoquer ce jugement chez Dora Vallier, formée à l’approche de la peinture par Christian Zervos : « Aguayo est à la peinture ce que Giacometti a réussi en sculpture. ». 

 

Né en 1926 à Sotillo de la Ribera en Vieille Castille, l’enfance de Fermin Aguayo est marquée par la guerre civile espagnole. Artiste solitaire, secret et silencieux, autodidacte et à contre-courant, Fermin Aguayo se signale à la fin des années 40 par la création du Grupo Portico de Saragosse. Pionnier d’une abstraction alors peu pratiquée en Espagne, le jeune artiste transpose dans sa peinture, de manière métaphorique et contenue, toute la violence de situations dramatiques vécues dans un climat de guerre civile espagnole. 

Son départ pour Paris en 1952, voit l’arrivée de peintures composées en plaques plus ou moins épaisses réalisées au couteau, qui dans leur densité, sont les paysages évocateurs de toute l’atmosphère du sol de sa Vieille Castille natal. Petit à petit, sa peinture revêt une fluidité nouvelle, voire une transparence comme si Aguayo cherchait à déposer un voile sur ces paysages à présent en retrait tels des mutations de paysage de nature à un paysage intérieur. Cette mise à distance et en recul par rapport au sujet lui permet de dominer ce qui le possède et l’anime, et d’être si justement décrit par Jean Planque comme un peintre « habité »,  tant l’intériorité de ses peintures est palpable. Elle lui permet également, grâce à un travail acharné, un retour vers la figuration en inaugurant un nouveau regard sur le réel par une peinture qui se cherche, se dénoue et s’élargit afin de trouver son expression propre.

 

Loin des modèles contemporains offerts par Picasso, Balthus ou Hélion, il l’est plus encore des approches du réel offertes par le Pop Art ou les Nouveaux Réalistes qui lui sont radicalement opposées. Il se pose non pas comme un peintre figuratif et descriptif mais comme un peintre du percevoir et de la présence. Aguayo se tourne, dans les années 60, vers les grands maîtres de la peinture à travers les siècles tels que Vélazquez, Rembrandt, Le Titien, Le Tintoret, Ribera, Goya, Manet et Van Gogh auxquels il s’apparente d’emblée dans son passage de peintre abstrait à celui de peintre de la réalité dans le sens d’une présence ressentie en profondeur, d’une transformation de la matière en quelque chose de vivant comme le dira Aguayo lui-même. Avec un sens aigu de l’espace, de la couleur et de la lumière,  Fermin Aguayo fait vibrer le plein et le vide dans sa peinture. Ses toiles exposent et révèlent les états de conscience picturaux d’une vérité de l’instant

Dernière mise à jour le 03 Mai 2012

Galerie JEANNE BUCHER JAEGER

5 rue de SAINTONGE
75003 Paris 03
France
Téléphone : 01 42 72 60 42
Télécopie : 01 42 72 60 49
Directrice Générale : Véronique Jaeger