Skip to Content
Centre national des arts plastiques

Galerie Dix9

Share Share Share Share Share

Etat d'exception - Ekaterina Vasilyeva (alias Katya Ev)

curator Fabien Danesi

Arts plastiques - Exposition
06 • 23 septembre 2018

Artiste d’origine russe connue pour ses performances et dispositifs polymorphes, Ekaterina Vasilyeva (alias Katya Ev) questionne nos sociétés contemporaines. «Ses oeuvres sont l’expression d’une puissance poétique qui interroge les conditions sociales et politiques de nos existences. Sur la faille entre liberté et sécurité, révolution et soumission, histoire et quotidien, elles ont pour point commun d’attaquer le réel avec une indéniable précision, comme la vision au ralenti d’une déflagration.»
(Fabien Danesi).
Pour sa première exposition personnelle à la Galerie Dix9, Katya Ev présente des oeuvres issues de trois performances récentes. Vidéo, cartes, sculptures et photographies témoignent de ces actions à portée politique. La plus récente de ces performances s’est déroulée lors du festival
Do Disturb en avril 2018 au Palais de Tokyo, dans une réactivation de la performanc Augenmusik de 2016 : vingtquatre figurants portant des gyrophares de police avaient alors traversé Paris, du périphérique au centre, pour se réunir aux Halles. L’ancien ventre de Paris devenait lieu de la pratique démocratique comme l’était la place du marché dans l’Antiquité. Les sons des sirènes, chacune accordée d’une manière particulière, jouaient une fois réunies l’Art de la Fugue de Jean-Sebastian Bach. L’écriture polyphonique opèrait comme une métaphore, l’égalité des voix musicales faisant référence à l’égalité des voix politiques. L’installation des gyrophares To Hear with Eyes constitue une trace tangible de la performance.

A Moscou en 2014, Katya Ev et Hanna Zubkova marchent pendant 17 heures depuis le point le plus au Nord du cerclé périphérique de la ville vers son point le plus au Sud. Elles synchronisent leur avancée avec la structure circulaire de la ville qui rappelle à son tour le modèle héliocentrique copernicien, alors que leur avancée du nord au sud trace une croix avec la trajectoire du soleil, de l’est vers l’ouest. La performance s’intitule Axe de Révolution*, jouant sur l’ambivalence du terme révolution. Originaire du latin et inventé par Copernic, ce terme révolution désigne alors le mouvement circulaire avant d’être repris dans le vocabulaire politique comme un renversement drastique. Sans volonté explicite de se référer à l’Histoire, mais du fait de l’imaginaire de la Grande Révolution russe, cette ambivalence souligne l’intention des artistes de «coordonner le mouvement d’un corps cosmique» et leur «effort intime d’une profonde révolution intérieure».
Dans leur procession, les deux artistes portent une lourde barre métallique de six mètres de long, élément de base des chantiers de construction. L’action rappelle l’iconographie révolutionnaire d’un Lénine portant une poutre avec l’aide de travailleurs pour bâtir le Kremlin. Elle fait aussi écho à cette ville en perpétuel chantier depuis la chute de l’URSS et où des barrières grossières jaunes et vertes pullulent dans les quartiers résidentiels. Dans un geste de réapropriation, Katya Ev crée les petites sculptures Gifts. Play Modules, sorte de modules de ces barrières, et leur donne taille humaine.

Réalisée en 2018, la troisième performance s’intitule Iceberg-18010813. Blue Room. Entre installation immersive et théâtre, c’est une «situation construite» pour reprendre le terme de Guy Debord: une pièce sans surveillance située au sous sol d’un immeuble, meublée d’un lit et d’un
ordinateur. Invité via une annonce sur un site d’échanges entre particuliers, chaque visiteur peut s’y rendre pour le temps qu’il désire. Libre à lui de prendre un somnifère et de s’étendre sur le lit. Ou d’utiliser l’ordinateur sur lequel l’accès au dark web est installé à l’aide du navigateur Tor. L’oeuvre La chambre bleue rend compte de l’installation dans cet espace de liberté aux couleurs d’un songe.

Complément d'informations : 
ouverture dimanche 23 septembre dans le cadre du programme "Un dimanche à la galerie"
Horaires : 
du mardi au vendredi: 14h-19h samedi: 11h-19h
Heures de vernissage : 
18h - 21h
Tarifs : 
entrée libre
Moyens d'accès : 
metro Filles du Calvaire
Dernière mise à jour le 28 août 2018

Galerie Dix9

19 rue des Filles du calvaire
75000 Paris 03
France
Téléphone : 01 42 78 91 77
Télécopie : 01 42 78 91 77
Directrice : Hélène Lacharmoise