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Centre national des arts plastiques

Fondation d'entreprise Ricard

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Entretiens sur l'art : Jean-Luc Blanc

Arts plastiques - Conférence
05 décembre 2018

Anne Bonnin reçoit l'artiste Jean Luc Blanc. 

« Je passe plus de temps à collecter, découper des images et à les classer qu’à peindre à proprement parler », explique l’artiste, collectionneur et archiviste d’images imprimées, presse, cinéma, cartes postales. Il les appelle « photogrammes », et les considère donc à la fois comme des unités ou des entités et comme les fragments d’un continuum, d’un continent de mémoire et d’imagination – matrice même de son art, de sa peinture et ses dessins. Jean-Luc Blanc entretient une passion pour les images, de façon méticuleuse, pour ne pas dire obsessionnelle, qu’il concrétise dans un travail quotidien quasi-mécanique.

Sa peinture est habitée, sinon hantée. L’artiste peint en effet le plus souvent des personnages (mais pas seulement) qui incarnent autant qu’ils composent un univers particulier. Ces figures, familières bien que lointaines, semblent appartenir à un monde indéfini, interzone trouble où Eros et Thanatos définissent les règles d’un jeu dont ils seraient prisonniers. On rencontre beaucoup de visages plein-cadre, de regards, d’yeux maquillés, d’expressions et de postures marquées, toute une iconographie de l’artifice exacerbé. Artifice rime avec sacrifice. Mais les représentations fabriquées, commerciales ou de fiction, ne reposent-elles pas toujours sur des scénarios fatals, sur un sacrifice de personnes à d’autres vies que la leur ? Blanc explore cette dimension sacrificielle des images –  qui est ivresse, vertigo. C’est là l’un des grands thèmes du cinéma que le peintre scrute inlassablement. Or, la peinture, matière ductile et alchimique, permet, comme nul autre médium, « d’étirer l’image », selon ses propres termes, sa temporalité et sa substance, d’opérer des transsubstantiations magiques. 

Le 5 décembre Jean Luc Blanc nous fera découvrir son Encyclopédie traumatique, département de son archive et chantier en cours, et nous montrera, un peu, comment le peintre met en mouvement des images enfouies, oubliées. « Tu m’oublies, je te tiens» : ainsi parle l’Image.

Horaires : 
19h
Dernière mise à jour le 29 nov. 2018

Fondation d'entreprise Ricard

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