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Centre national des arts plastiques

Galerie Les filles du calvaire

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Désidération : Prologue

SMITH ( Cellule Cosmiel x DIPLOMATES x Akira Rabelais)

Photographie - Exposition
26 octobre • 23 novembre 2019

DESIDERATION : PROLOGUE

Smith x Cellule Cosmiel x DIPLOMATES

 

Exposition du 26 octobre au 23 novembre

Vernissage le samedi 26 octobre de 15h à 22h

 

Photographe, cinéaste, plasticien, SMITH explore la pensée et la pratique de la transition, de la mutation, de l’hybridation, de l’entre-deux dans son travail plastique et théorique. Transition de genre et d’état, plasticité, métamorphoses atomiques et biotechnologiques, travail du rêve, fréquentations de l’au-delà, promenades cosmiques et transmutations jalonnent son travail et ses recherches depuis presque dix ans. Son nouveau projet « Désidération », imaginé avec la cellule Cosmiel et le studio DIPLOMATES, compose la possibilité d’une autre histoire, d’un autre destin de l’espèce humaine, à l’intersection du réel, de la fiction, de l’art, de la philosophie et de la science. Le prologue de ce projet au long cours sera présenté à la galerie les Filles du Calvaire à l’automne 2019.

 

CELLULE COSMIEL x DIPLOMATES x AKIRA RABELAIS

En 2015, SMITH fait la rencontre de l’astrophysicien Jean-Philippe Uzan (CNRS, Institut d’Astrophysique de Paris). De leurs conversations émergera le concept de « Désidération », forgé sur l’étymologie du mot « désir », et qui désigne le rapport nostalgique que nous entretenons avec notre origine stellaire.                        

Rejoints par l’écrivain Lucien Raphmaj, ils créent la cellule Cosmiel, consacrée à l’étude des phénomènes de la désidération. SMITH s’associe au studio DIPLOMATES (design, architecture, scénographie) pour mettre en espace la première étape de cette réflexion, puis convie le compositeur américain Akira Rabelais à rejoindre la cellule.

INTRODUCTION GÉNÉRALE – PAR LUCIEN RAPHMAJ

Selon l’hypothèse dite de la panspermie, les briques de vie nécessaires à la genèse de l’humanité furent importées par des météorites sur notre planète, plaçant ainsi l’origine de notre généalogie au coeur du cosmos. La modernité nous a désidentifié·es, désapproprié·es de cette probable origine extraterrestre, évacuée de nos mythologies et politiques contemporaines, nous condamnant à une irrépressible mélancolie du cosmos que le projet « désidération » entend identifier, explorer, raconter, et peut- être soigner.

« Désidération » se conçoit comme un hub connectant recherche artistique, enquête scientifique, et fabulation spéculative. Oeuvre polymorphe, collaborative, évolutive, elle compose de nouvelles formes et de nouveaux outils pour explorer notre rapport contemporain au cosmos, en faisant jouer les interstices, les intermondes, les passerelles critiques et multidimensionnelles. Reprendre, repriser la toile du monde, comme si les étoiles étaient comme des trous d’épingles. Recommencer la tradition moderne et scientifique, romantique, science-fictionnelle, botanique, philosophique, chamanique pour en proposer une nouvelle lecture, divergente, une bifurcation des possibles.

Quelle légende proposer au « désastre » dans un sens qui ne soit pas à entendre comme la ruine de tout possible, comme l’effondrement tant promis, mais un autre « désastre » - dans le sens d’un rapport à l’étoile chue en nous, dont nous venons, et qui pourtant nous manque ? La désidération propose la réinvention de notre rapport aux étoiles, avec cette part manquante, inconsolable ; un état où l’on renoue autrement avec la mélancolie de la perte.

« L’absence de futur a commencé », annonçait Günther Anders après l’usage du feu nucléaire. Il s’agit d’un tournant métaphysique ; ce qui arrive avec fracas, c’est l’urgence - non seulement climatique, mais celle de reconsidérer les agencements de notre métaphysique. De Haraway à Descola, de Coccia jusqu’à Tsing, en passant par Stengers, Preciado, ou Viveros de Castro, un discours philosophique contemporain cherche les refondations d’un mouvement global et local, d’une pensée complexe à même d’étreindre le changement qui nous fait muter. Peut-être serait-il temps de se tourner vers les étoiles, les deux pieds sur terre. « Désidération » ne parle pas de la fin du monde, mais des terminaisons du monde. C’est un appel à conjuguer différemment, à nous relier à d’autres temps, à d’autres espaces, à distinguer, dans cette fin, de nouveaux possibles. Se faire des terminaisons nerveuses, psychologiques, métaphysiques, allant du ciel à la terre.

 

Horaires : 
Ouvert du mardi au samedi de 11h à 18h30
Heures de vernissage : 
De 15h à 22h
Moyens d'accès : 
17 rue des Filles-du-Calvaire, 75003 Paris Métro : ligne 8 station Filles du calvaire. Bus : lignes 96, 20, 65 / arrêt Oberkampf - Filles du calvaire
Dernière mise à jour le 07 oct. 2019

Galerie Les filles du calvaire

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