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Galerie Arnaud Deschin

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« Elvis Kisses » de Rémy Brière

Soutien aux galeries / première exposition

Arts plastiques - Exposition
08 février • 25 mars 2018

Rémy Brière est artiste et set designer. Il va sans dire que la relation dialogique entre l'art et la publicité est ambiguë et qu'elle pointe du doigt une certaine passivité collective... une question se glisse donc d'emblée entre l'harmonie visuelle de ses installations et les narrations qu'elles dessinent: sommes-nous à l'endroit de simulacres scéniques employés à désacraliser l'histoire de la représentation? À première vue, les œuvres semblent en filiation avec l'Arte Povera: le refus d'une assignation d'identité, la valorisation de processus qui mettent en relation des matériaux pauvres et sophistiqués, naturels, culturels... Mais dans une lecture distanciée qui investit la notion d'image. Toutes ces catégories sont-elles bien en jeu? Non. Rémy Brière me répond avec une sensibilité et une décomplexion désarmante. Il préfère que l'on sépare ses deux pratiques. Elles n'ont rien à voir. Il me parle de sa passion pour les lignes claires, les cintrages de métaux qui « esquissent des narrations, tout en convoquant le maniérisme ». Il cherche des glissements de référence « difficiles à assumer »: Elvis par exemple, un fétiche? Tout autant qu'un « lieu commun »! C'est précisément ce trouble qui l'intéresse. Il ne veut pas avoir à se heurter à un art conceptuel pensé comme un « art savant », son travail est plutôt une « gymnastique de pensée » dont les étirements renversent les protocoles. Sa pratique est avant tout processuelle: fabriquer des contenants, floquer, faire disparaitre l'objet, n'en garder qu'une silhouette, se livrer à des « gestes premiers ». Une tige de laiton? Une fleur? Un diamant? Une pastèque? Qu'est-ce qu'un « rapport immuable »? Celui qui permet à « une porosité » de résister à « un quadrillage de références »... celui qui fait vivre une « gestation » à l'endroit même de son « arrêt ». De plus, il accorde une légitimité aussi grande au temps du plaisir qu'au temps de la conceptualisation: quelles sont les durées engagées dans une pratique? Il n'est surtout pas question d'efficacité, mais de corps qui vibrent dans leur relation à « l'espace », un espace à entendre comme l'endroit d'un « doute ». Car il est d'abord question de rapports de distance qui ne seront « jamais d'actualité », toujours antidatés, incernables, « mais sans aucun obscurantisme »: juste des signes ouverts. Pour Elvis Kisses, il détermine « un terrain de jeu dans le terrain de jeu », avec de la moquette et du sable coloré, puis y dépose un extincteur dont les instructions effacées font place à un poème. Plus loin, sur un passe-partout, il dessine une ligne enlevée au crayon puis s'emploie à la retrouver en studio avec un serpent sous son objectif. Ce sera au serpent d'adopter la pose, là ou une logique classique aurait suivi le rapport inverse, c'est à dire le mouvement d'un serpent et sa reproduction. Plus loin encore, une partition gravée d'un morceau de House, Artists with attitudes. Une « attitude »? Un faux ami pour les anglicistes. Le problème de traduction l'intéresse: non il ne s'agit pas de « mesquinerie » juste de « danse ». Alors que le climat artistique nous pousse à penser chaque forme en termes de visualité médiatique, Rémy Brière, placé au centre de l'ouragan, ne vibre qu'en termes de processus, d'expériences de durées et d'espaces. Il débine ainsi l'enjeu politique du regard contemporain: celui d'un positionnement par rapport à l'image. À la manière d'un jeu spontané qui, envers et contre tout, déroute la perception pour livrer une réalité métaphorique. Lucille Uhlrich

Avec le soutien aux galeries / première exposition du Cnap.

Rémy Brière vit et travaille à Paris. Il est actuellement exposé à la Arnaud Deschin galerie pour son exposition personnelle Elvis Kisses (jusqu'au 25 mars 2018), ainsi qu'à La Maison des Arts de Créteil, dans le cadre de l'exposition collective Inspiration-transpiration organisée par le Syndicat Magnifique (jusqu'au 17 février 2018). Diplômé de l'École Supérieure d'Art de Clermont en 2010, il réalise une première exposition personnelle en 2011 à Qasba, à Brescia en Italie ainsi qu'à L'Espace d'En Bas, à Paris. En 2012, il réalise l'exposition Un bégonia vaut mieux que deux tu l'auras, à De La Charge, à Bruxelles. Il participe à plusieurs expositions collectives, signées notamment par les curateurs Camille Azaïs, Axelle Blanc, Marc Geneix ou encore Joël Riff. Son travail est présenté à la Biennale de Mulhouse en 2012, au salon Jeune Création en 2013, à la FIAC aux côtés de la galerie Florence Loewy en 2014, au Salon de Montrouge en 2016 et nommé aux Révélations Emerige en 2018. – à Arnaud Deschin, galerie.

Dernière mise à jour le 05 févr. 2018

Galerie Arnaud Deschin

16-18 rue des Cascades
75020 Paris 20
France